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Par pur hasard, il se trouve que j’ai été amenée à visiter l’île d’Entrée des Îles-de-la-Madeleine peu après que monsieur Nord-Est vous ait écrit à ce sujet. J’en profite donc pour vous rapporter des photos fraîches et surtout, des informations pratiques pour ceux qui envisageraient de prolonger leur séjour à l’île au-delà de l’excursion d’un jour habituelle, puisque, pour avoir cherché avant mon départ, je n’ai moi-même réussi à glaner que quelques bribes par-ci par-là sur le net.

Certains se demandent peut-être « pourquoi rester plus longtemps? »; c’est vrai qu’à part l’ascension de « Big Hill », les attraits touristiques ne pleuvent pas. Ceci constitue un avis très personnel, mais pour ma part, pour des vacances, j’adore ce genre d’endroits isolés mais jolis où il fait bon « juste relaxer » : décrocher de la vie urbaine trépidante et stressante rien qu’une semaine, avec des bons romans, de bonnes bouteilles de vin, de la bonne bouffe et, au choix, son chien, sa famille, son amoureux ou en solo. Cet endroit tranquille est aussi parfait pour la rédaction, que ce soit d’un premier roman ou d’un rapport technique. Je vous écris d’ailleurs de la table de cuisine de la maison que je loue (plus de détails plus loin), silencieuse si ce n’est le vent dehors.

Comme je le mentionnais plus tôt, le principal attrait de l’île est son ensemble de collines chauves dominé par Big Hill (174 m), dont les variations de teintes des herbes sous les rayons dorés du soleil d’été sont magnifiques. Je ne suis jamais allée en Écosse, mais je m’imagine l’ile d’Entrée comme un petit bout d’Écosse qui se serait détaché et qui aurait vogué jusqu’au golfe du Saint-Laurent, au Canada. Dans l’ensemble, ces paysages verdoyants battus par le vent invitent à l’introspection et à la détente.

Au moins, les « attraits » sont relativement bien indiqués

Au moins, les « attraits » sont relativement bien indiqués. En arrière-plan, Big Hill.

Au sommet, faites attention où vous mettez les pieds...les vaches ne se gênent pas!

Sur le sentier, faites attention où vous mettez les pieds…les vaches ne se gênent pas!

De belles promenades pas trop fatigantes vous attendent à l’île d’Entrée. Du sommet de Big Hill d’où la vue est superbe, on aperçoit le cap Rouge au nord-ouest, un endroit où nichent de nombreux oiseaux. En redescendant, on peut se frayer un chemin à pied (privilégier les pantalons longs) à travers les terrains vagues jusqu’à ce cap pour observer les volatiles. À l’est, un petit ruisseau s’écoule dans les pâturages préférés du cheptel. Donc qui aime la randonnée facile peut s’amuser quelque temps dans ce secteur, à monter et descendre à loisir les différentes collines pour varier les points de vue. Il est possible de poursuivre à pied jusqu’au phare situé à la pointe sud-ouest de l’île, jusqu’à la tombe du cheval Farmer et l’ancien cimetière, jusqu’à l’église ou jusqu’à l’école, fermée récemment car il n’y avait plus assez d’enfants sur l’île. La marche sur la grève au sud du quai est aussi sympa, les cailloux polis y sont colorés et jolis.

Entrée (3.1)Si vous aimez le calme et le dépaysement de ce genre de destinations pour vos vacances, je vous recommande aussi l’Ile-aux-Grues ou encore Tadoussac.

Pour revenir aux détails techniques, voici ce que vous devez savoir avant de vous aventurer au « bout du bout », comme l’appelle monsieur Nord-Est :

Hébergement

Une seule option : M. Brian Josey –qui tient le restaurant à l’entrée de l’île, juste en haut du quai– possède trois maisons à louer au jour ou à la semaine. Celle avec les trois chambres, de style cottage et construite en 1927, est la moins pire des trois. Je dis moins pire car c’est sûr qu’au plan des rénovations et du ménage, on a vu mieux. (Je comprends tout de même le manque d’investissement dans l’immobilier étant donné les circonstances particulières de l’endroit.) Par contre, tout le nécessaire y est pour se préparer des repas : poêle, réfrigérateur et congélateur, micro-ondes, grille-pain, bouilloire, ouvre-bouteille et ouvre-boîte. Les chambres sont propres et la literie et les serviettes sont fournies (on ne sait jamais). Seulement une salle de bain à l’étage, ni très grande ni récente. Au moins il y a l’eau chaude. La télévision satellite fonctionne, mais pas de réseau internet. Il y a même une laveuse-sécheuse (au sous-sol) et quelques vieux livres et objets historiques qui mériteraient presque de figurer dans un musée.

Prix de la location : environ 140$/nuit.

Pour joindre M. Josey : 1-418 986-5862

La « maison », au 289, chemin Main.

La « maison », au 289, chemin Main.

Entrée (4.5)

Une des trois chambres à l’étage

Nourriture :

C’est le défi, à mon avis. Il faut absolument faire des emplettes avant de traverser car vous aurez vite fait le tour ce que les deux petites épiceries (plutôt des dépanneurs) ont à offrir : plats préparés en conserve, spaghetti, margarine, etc. Et encore, les quantités disponibles sont minimales (un à deux items de chaque produit). Les produits laitiers, les fruits et les légumes frais sont tout simplement inexistants.

L'épicerie Grocery Store 2009

L’épicerie Grocery Store 2009 et le bureau de poste, dans l’annexe à droite de la maison

Au restaurant tenu par M. Josey, le menu se limite à du fast food : hamburger, hot dog, crab roll, poisson pané, etc., servi seul ou accompagné de frites (chips) congelées et, à l’occasion, de pois verts en conserve. Un autre restaurant établi dans une maison jaune juste avant celui de monsieur Josey, Chez Alvin’s, sert le même genre de plats mais aussi de la crème glacée au chocolat et à la fraise. Vous saisissez donc l’importante de bien planifier ses repas et d’en apporter plus que nécessaire!

Je ne vais pas me prononcer sur les raisons derrière ce désert alimentaire, mais les dépôts meubles, un sable rouge comme on en retrouve aux Îles-de-la-Madeleine ou à l’Île-du-Prince-Édouard, sont pourtant propices à l’agriculture, bien que la saison soit plus courte que sur la terre ferme. Le mode de vie ici est axé sur la pêche et j’ai aperçu quelques champs de patate lors de mes promenades, mais le touriste n’a pas vraiment accès à ces rares produits frais.

Si vous venez par avion aux Îles et que vous voyagez sans voiture, vous trouverez une épicerie relativement complète chez JH Boudreau Ltée, localisé au 236, chemin Principal à Cap-aux-Meules, près du quai.

Accueil

La petite communauté anglophone, réduite à environ 60 habitants en 2015, ne vous accueillera peut-être pas à bras ouverts, mais tout le monde vous enverra la main au passage. Si vous en faites l’effort et n’arrivez pas avec une attitude supérieure, je crois bien que vous serez en mesure de vous faire accepter! ;-)

Autres détails en vrac :

  • Traversier Cap-aux-Meules / Ile d’Entrée : deux fois par jour. 16,50$ par personne l’aller. Durée : 1 h. L’horaire est ici.
  • Le réseau cellulaire se rend jusqu’ici. Donc pas de panique, vous n’êtes pas si coupés que ça de la civilisation.
  • C’est vrai qu’il vente au sommet de Big Hill, mais j’étais malgré tout très confortable en t-shirt en juillet. Le coupe-vent demeure cependant un essentiel.

La carte suivante vous indique l’emplacement des commerces mentionnés dans l’article.

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