Quand j’ai inauguré Les Carnets de Madame, il y a déjà 5 ans, je ne me suis pas vraiment demandé pendant combien de temps je publierais. J’envisageais plutôt d’y aller une semaine à la fois, jusqu’à ce que l’inspiration se tarisse ou que je me lasse. Or, ce n’est pas encore arrivé, même si je suis parfois temporairement à court de matériel!

Mon objectif étant d’abord de partager mes trucs sur des destinations ou sur des logistiques moins bien documentées, j’espère surtout que le lecteur qui planifiait son prochain voyage aura été satisfait de la quantité et de la qualité d’informations présentées sur Les Carnets de Madame. Que mon article sur Harrington Harbour soit le 3e plus vu du blogue alors qu’il s’agit d’une destination de niche me pousse à croire que j’ai réussi mon pari.

Puisque je rédige ces articles pour le plaisir d’écrire et de revisiter mes photographies de voyage, je ne m’en fais aucunement avec la quantité de lecteurs assidus et cela ne me met aucune pression de devoir publier à fréquence élevée pour assouvir leur soif de nouveauté. J’apprécie en outre la liberté d’expression permise par un blogue indépendant dont je suis l’unique administratrice.

Après avoir réussi à présenter du contenu relativement original et authentique pendant 5 ans, je me permets aujourd’hui un petit éditorial. Ayant une vie bien remplie, je dois admettre que ma consultation de blogues se limite souvent en temps de besoin –planification d’un voyage, repas à préparer, équipement à acheter, etc.– et que je n’éprouve pas beaucoup d’intérêt à suivre quotidiennement ou hebdomadairement un site ou un blogue uniquement pour le plaisir de lire son auteur. Tout de même, quand je trouve un site qui me plaît, j’ai tendance à y revenir de temps à autre pour voir ce qui s’y fait de nouveau.

Avec le temps, je me suis bâti une petite liste de blogues/sites que je considère comme des références pour les sujets qui me branchent. Or, il arrive que je sois déçue à ma visite suivante, parce que le site a changé. Voici donc les trois raisons pour lesquelles certains sites que j’aimais consulter ont perdu de leur intérêt à mes yeux ou pourquoi certains sites ne m’attireront jamais.

1) La dilution du contenu spécialisé

En tant que blogueur, il est normal de se remettre en question et de vouloir partager ses réflexions et des tranches de vie avec son public, mais, si la raison d’être du site est de constituer une référence sur un certain sujet, qu’il s’agisse de détails de voyage, de recettes, de trucs de maquillage, etc., la place occupée par ces articles plus généraux doit, à mon avis, rester secondaire par rapport au sujet principal.
Je peux aussi comprendre que les objectifs et motivations d’un blogueur puissent évoluer, notamment à la suite de la venue au monde d’un enfant ou d’un changement de carrière –par exemple laisser tomber un gagne-pain plus typique pour vivre uniquement de son blogue (et de ses produits dérivés).

Cependant, la réduction de l’espace occupé par le contenu spécialisé, que ce soit en termes de fréquence de publication (les articles spécialisés se font de plus en plus rares et sont désormais entrecoupés de récapitulatifs, de réflexions, de concours, d’articles généraux, d’articles sur le blogage, d’articles sur sa vie personnelle ou carrément hors sujet, par exemple : comment garder la forme alors qu’il s’agit d’un site sur le voyage) ou à l’intérieur même des publications (le sujet occupe seulement une portion de l’article, le reste étant accordé à des réflexions ou à la promotion des produits dérivés) a tendance à me faire décrocher. Je ne reviendrai alors sur ce site que si j’ai un besoin spécifique et que je sais que la réponse s’y trouve (j’irai alors directement dans le menu de recherche sans tenir compte des articles récents).

2) La prédominance des produits dérivés

Par produits dérivés j’entends : vente de formations, de conférences, d’expériences, de matériel, etc. Deux pratiques qui me déplaisent particulièrement :

  • la réorganisation du site de façon à mettre les articles spécialisés en arrière-plan, au profit des produits dérivés
  • la fréquence abusive des communications au sujet des produits dérivés, s’apparentant presque à du harcèlement (cela arrive surtout quand vous êtes abonnés à un blogue par courriel), ou alors la mise en place de fenêtres de type « pop-up »

Il ne faut pas oublier que le lecteur qui vous suivait déjà depuis un certain temps quand vous faisiez ça « bénévolement » est probablement d’abord venu pour lire les articles et/ou prendre de vos nouvelles en tant que personne. Donc il n’a pas nécessairement envie d’être sollicité pour faire rouler votre entreprise. Il faut donc apprendre à doser.

3) Les blogues commerciaux

Chapeau aux blogueurs qui sont prêts à approcher des commanditaires et à négocier pour se faire payer des visites, des nuitées, des repas ou des voyages complets. La plupart de ces blogueurs sont capables de conserver leur esprit critique quand ils parlent ensuite de leur expérience.

Ce que j’évite, ce sont les blogues purement commerciaux, par exemple, un blogue tenu par une agence de voyage. Je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde, mais comme je le répète depuis 5 ans, quand je voyage, je cherche à vivre des expériences relativement authentiques et à voir ce que la Terre a de plus beau à offrir, tout en payant un juste prix. D’un autre côté, je suis une voyageuse qui aime savoir où elle s’en va. Or, je trouve que les informations présentées dans la plupart des blogues commerciaux sont habituellement très générales (on pourrait même dire « vides ») et rarement indépendantes. Ce ne sont donc pas les sources d’information que je privilégie. Cependant, quand je fais mes recherches en ligne, j’ai beau accoler les termes « carnets » ou « blogue » à la destination, les premières pages de résultats sont presqu’exclusivement occupées par des sites qui n’ont rien à dire et tout à vendre. Donc si mes références de voyage « habituelles » n’ont pas écrit sur le sujet, il me faut faire preuve de persévérance pour trouver les informations que je cherche.

Conclusion

Il est vrai que je me suis permis quelques articles plus légers ou récapitulatifs quand j’avais moins de nouveau matériel sous la main et que j’avais quand même le goût de parler voyage, mais jamais dans le but de maintenir l’auditoire ou la machine à argent à flot. Je préfère m’en tenir à mes deux fils conducteurs que sont les « coups de cœur » et les « bons tuyaux » en voyage qu’édulcorer mon message en parlant de sujets qui ne répondent à aucune de ces deux catégories. Je pense que tout blogueur se voit confronté à un tel dilemme (diluer le sujet ou non) à un certain point dans sa carrière, et j’espère que vous appréciez l’orientation que j’ai choisie, soit de demeurer critique et fidèle à mon sujet, quitte à prendre des pauses de temps à autre.

Merci à ceux qui ont lu jusqu’au bout !

Madame

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