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Située environ à mi-chemin entre Montréal et Toronto, l’ancienne capitale du Canada (1841-1844) a tout pour plonger le visiteur dans le XIXe siècle. Celui qui souhaite en apprendre sur l’histoire politique et militaire de ce jeune pays trouvera de nombreux lieux où assouvir sa soif, tandis que celui qui, comme moi, n’a que peu d’intérêt pour les musées, pour la géologie et pour les exercices militaires –ou qui en a tout simplement déjà assez vu dans sa vie–, sera tout de même charmé par une promenade dans les rues du quartier historique.

En effet, bien que ne lui arrivant pas à la cheville, ce secteur a de quoi rappeler le Vieux-Québec, avec ses bâtiments d’époque bien conservés et son animation. Je m’y suis rendue en été, mais je serais curieuse d’y vivre Noël avec de la neige, pour voir si la magie opère comme à Québec.

Contrairement aux auteurs des articles et guides que j’avais lus en préparation de ce voyage, le marché fermier m’a déçue par sa petite taille et par son offre peu diversifiée, malgré une visite effectuée en plein temps des récoltes.

En ce qui concerne la Villa Bellevue, ancienne résidence d’un ancien premier ministre du Canada, même si je peux comprendre pourquoi le gouvernement s’est porté acquéreur d’un tel lieu, l’architecture et l’aménagement extérieur sont plutôt inintéressants, et la décoration n’est pas des plus raffinées (cela va avec le contexte, la maison ne servait pas à recevoir). La visite coûte 4 $ et se complète en 30 minutes, donc si vous êtes à pied et/ou si vous avez déjà visité d’autres résidences historiques au Canada (François-Xavier Garneau, Louis S. St-Laurent, Wilfrid-Laurier, etc.), le déplacement n’en vaut pas la peine.

Pour revenir à ce qui m’a séduite, Kingston recèle de beaux exemples d’architecture néoclassique et victorienne disséminés çà et là, comme l’hôtel de ville (216, Ontario St), l’ancienne caserne de pompiers (251 Ontario St), certains pavillons de l’université Queen’s et de nombreuses résidences privées. Des églises néogothiques majestueuses en pierre calcaire grise dominent le secteur. Une visite du magasin général Vandervoort (77, Princess St), véritable caverne d’Ali Baba, et la réalisation d’un achat –pour être témoin des conversations échangées à la caisse entre les « locaux »– constitueront des expériences authentiques qui ne sont mentionnées dans aucun guide ou article à ma connaissance. Si vous n’avez que deux heures à accorder à Kingston, concentrez-vous sur le quadrilatère délimité par les rues Division, Queen, Ontario et Johnson, mais si vous en voulez plus, n’hésitez pas à sortir de ce périmètre et vous balader en périphérie, car plusieurs autres petits bijoux s’y cachent.

Airs de Vieux-Québec sur Princess Street

Il n’y a pas que les commerces et institutions qui aient du cachet à Kingston; ici, une belle victorienne sur King St.

Lieu de dégustation invitant chez la Kingston Brewing Co

La cour arrière, tout aussi invitante.

Mise en valeur réussie de l’ancienne caserne de pompiers, occupée dorénavant par le restaurant The Lone Star Texan Grill

Pour les plus curieux, vous trouverez ici des applications gratuites créées par le Kingston’s Municipal Heritage Committee pour vous servir de guide, à télécharger sur votre téléphone intelligent. Elles sont offertes en français et en anglais, et permettent même de faire vibrer votre téléphone lorsque vous atteignez un emplacement documenté. Quelle bonne idée!

Boire et manger

Le centre-ville ne manque pas d’offre sur ces aspects-là, mais notre choix était déjà arrêté avant de mettre les pieds à Kingston, basé sur un conseil de notre hôte. Comme nous souhaitions nous offrir un repas gastronomique, nous avons opté pour Tango nuevo (331, King St E), un restaurant de tapas inspirés de toutes les cuisines du monde. Les produits d’artisans de la région y sont mis en valeur. Même si ce n’est pas vraiment le genre d’ambiance que je recherche le midi, je n’ai pu qu’admirer les efforts faits pour créer un décor à la fois thématique et éclectique, dans une atmosphère chic et feutrée. Sans avoir connu de comparable, le décor obtenu est l’image que je me fais de l’Espagne des années 40, d’après ma lecture de la trilogie du Cimetière des livres oubliés de Carlos Ruiz Zafón, avec son côté sombre et ses grilles ouvragées rappelant la prison. Au sous-sol, la mise en scène du salon privé à même le cellier est tout aussi réussie. En soirée, cet endroit serait parfait entre amis (mais alors, pensez à réserver).

La Bodega, le salon privé de Tango nuevo

Verdict côté nourriture : si vous être prêt à mettre environ 30 $ par personne avant taxes et excluant les breuvages, c’est à essayer. Notre coup de cœur? Les doigts d’avocat légèrement frit (aguacates fritos), pour l’originalité, les textures et, bien entendu, le goût.

Conseils aux automobilistes

Je l’avais lu avant le voyage et je le confirme : chercher un stationnement gratuit dans le centre-ville de Kingston est inutile. Suivez mes conseils et regardez plutôt dans les quartiers résidentiels au nord de Colborne St et à l’est de Division St. Il vous faudra marcher de 5 à 10 minutes pour rejoindre le cœur historique, mais cela en vaut le coup, d’autant plus que les quartiers résidentiels montrent souvent une facette différente de la ville.

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