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C’est rendu une habitude : avant de vous présenter en série mes coups de cœur d’un pays ou d’une région, j’aime bien parler de logistique et d’impressions générales. Aujourd’hui, même si cela a été fait par de nombreuses personnes avant moi, je reviens sur notre itinéraire et vous en donne les bons coups et les moins bons.

Saison : achalandage, hébergement et température

Tout d’abord –vous commencez à me connaître–, j’essaie d’éviter la haute saison touristique, autant parce les foules me rendent dingue que parce que les hébergements sont souvent hors de prix et difficiles à réserver à la dernière minute. Le hic, c’est que je voulais visiter la Nouvelle-Zélande en été, autant pour profiter de la chaleur que parce que c’est pendant l’hiver septentrional qu’il me convenait mieux de partir en vacances cette année.

Janvier et février, c’était hors de question, puisque ce sont les vacances scolaires néo-zélandaises. Il me restait donc mars, ce qui s’est avéré un heureux choix pour la température, même si ça n’a pas été le succès escompté du côté des hébergements. En effet, même s’il y avait probablement moins d’achalandage que lors des mois précédents, il reste que l’offre est réduite dans plusieurs secteurs et qu’il est primordial de réserver plusieurs jours voire semaines à l’avance si l’on veut éviter de se retrouver dans un dortoir crasseux ou de dépasser son budget. Il nous est arrivé à plusieurs reprises de « magasiner » un hébergement en soirée et qu’il ne soit plus disponible le lendemain matin. D’ailleurs, les meilleurs rapports qualité-prix que nous avons eu sont généralement pour les hébergements que nous avions réservés avant de partir en voyage.

Du côté de la température, je me suis royalement fait avoir par les guides et le service météorologique néo-zélandais, qui mentionnaient une température maximale moyenne de 21° C en mars à Auckland, le secteur le plus chaud du pays. Conséquence? J’avais apporté beaucoup trop de vêtements chauds –entendons par là jeans longs et t-shirts– et je me suis retrouvée à détremper à répétition mes hauts et à reporter la même robe légère au moins 7 fois en un mois. La morale de l’histoire? En été, toujours ajouter 4-5°C au maximum mentionné par le Met Service pour bien planifier son habillement de la journée, quitte à trimballer une petite laine (un pull) « au cas où ». Car même s’il fait plus frais en matinée avant que le ciel ne se dégage, le soleil est très fort. D’ailleurs, ne lésinez pas sur la protection UV, la couche d’ozone comporte un bon trou au niveau de la Nouvelle-Zélande. Ainsi, à moins que l’année 2019 ait été exceptionnelle, le mois de mars semble plus être un prolongement de l’été que le début de l’automne comme c’est le cas notamment du mois de septembre au Québec.

L’herbe n’est pas jaune pour rien dans les scènes de Rohan du Seigneur des anneaux; l’été 2019 néo-zélandais a combiné chaleur intense et rareté des précipitations.

Durée et itinéraire

Tous les amis et collègues qui avaient déjà visité le pays des Kiwis me déconseillaient de traverser les deux îles en moins de 5 semaines –trois sur l’île du Sud, deux sur l’île du Nord–, en raison des distances à parcourir et de la quantité d’attraits à voir et de randonnées à faire. Même si nous avons été à la course sur certaines portions d’itinéraire et même si nous avons décidé de laisser tomber certaines destinations auxquelles nous tenions (j’y reviens plus loin), un séjour de 4 semaines nous a paru suffisant. À seulement 2 ou 3 semaines, je suis d’accord avec mes conseillers qu’il serait plus sage de se concentrer sur une seule île que de se claquer 5 500 km de route et passer trop vite sur chaque secteur visité.

Donc 4 semaines de roadtrip, dans une séquence moins conventionnelle que d’autres –du moins, j’aime le croire. En effet, selon les conseils de Le monde ambulant et d’autres blogueurs, nous avons amorcé notre périple par l’île du Sud et progressé vers le nord…exception faite de notre escale prolongée à Auckland en début de voyage, pour se laisser le temps d’arriver. Voici donc l’itinéraire que nous avons réalisé, suivi de quelques remarques :

  • Jour 0 : Arrivée à Auckland
  • Jours 1 à 3 : Auckland, Waiheke et Poor Knight Islands
  • Jour 4 : vol interne vers Christchurch (île du Sud) et visite de la ville en soirée
  • Jours 5 et 6 : Dunedin et péninsule de l’Otago
  • Jours 6 à 8 : Te Anau et Milford Sound
  • Jours 8 à 10 : région des Lacs (Queenstown, Wanaka, Glenorchy)
  • Jour 11 : route vers Mt Cook et randonnée à sa base
  • Jour 12 : traversée de l’Arthur’s Pass
  • Jours 13 et 14 : côte ouest (Hokitika, Westport)
  • Jour 15 : parc national Abel Tasman
  • Jour 16 : vignobles du Marlborough
  • Jour 17 : traversée vers l’île du Nord
  • Jour 18 : visite de Wellington
  • Jour 19 : route, avec vignobles du Martinborough au passage
  • Jour 20 : randonnée Tongariro Alpine Crossing
  • Jour 21 : vélo sur l’Old Coach Road (Ohakune) et Napier (sur la côte est)
  • Jour 22 : vignobles sur la côte est
  • Jour 23 : vélo autour de Taupo
  • Jour 24 : parc géothermique Wai-O-Tapu et Rotorua
  • Jour 25 : randonnée dans Redwood Forest et visite de Hobbiton
  • Jour 26 : surf à Raglan (sur la côte ouest)
  • Jour 27 : randonnée dans la péninsule du Coromandel et retour à Auckland
  • Jour 28 : petite virée à Piha (sur la côte ouest) et départ d’Auckland.

En haute saison, une place à bord des traversiers reliant les deux îles ne se réserve probablement pas à la dernière minute.

Malgré les trois jours de pluie sur le mois –quand il pleut au royaume du plein air, il n’y pas grand-chose à faire, comme à Hawai’i–, nous avons réussi à visiter toutes les destinations mêmes optionnelles qui étaient dans la planification et à réaliser la plupart des activités que nous avions envie de faire, hormis la découverte de l’Otago central à vélo et un détour par le mont Taranaki –que nous avions discarté dès le début de la planification sachant que nous n’aurions pas le temps de s’y rendre–. La durée des excursions recommandées dans les deux cas variaient entre 3 et 5 jours et nous n’aurions de toute façon qu’effleuré le sujet. Si nous retournons un jour au pays des Kiwis, ces deux secteurs seront nos priorités. Nous aurions aussi aimé faire plus de randonnées pédestres et de plus longues, ainsi qu’explorer certains secteurs viticoles (Marlborough, Martinborough, côte est de l’île du Nord) à vélo plutôt qu’en auto comme nous l’avons fait cette fois.

À l’opposé, j’aurais laissé tomber l’excursion aux Poor Knight Islands. D’abord, comme toute activité organisée en Nouvelle-Zélande, le prix était le double de ce que nous aurions été prêts à payer pour une activité équivalente au Canada. Or, la variété et les couleurs des poissons de la crique où nous avons été conduits n’arrivaient juste pas à la cheville de ce que nous avions pu admirer gratuitement en snorkelling à Hawaii. (Je sais que les vrais plongeurs et que les Néo-zélandais ne seront généralement pas d’accord, mais c’est mon opinion.) En outre, même si je m’y attendais, cette activité de type « la croisière s’amuse » n’était juste pas mon genre. Dernier argument : 5h de route aller-retour à partir d’Auckland pour une excursion qui en dure 4h.

Excursion aux Poor Knight Islands

Un segment que je retravaillerais est celui qui nous a mené en deux jours de Glenorchy à la côte ouest de l’île du Sud (Hokitika) en passant par Mt Cook puis Arthur’s Pass. Alors que nous avions prévu effectuer une journée de randonnée dans la « passe », les paysages nous auraient peut-être semblé redondants après 3 jours passés dans la région des Lacs. Un arrêt dans l’Otago central ou à Christchurch aurait peut-être permis de varier les activités et les paysages, même si je vois pas encore comment cela aurait pu être optimal, étant donné que nous étions déjà passés par Christchurch. Ce qui me rappelle que la géographie de l’île du Sud ne permet juste pas de circuler en une boucle parfaite.

« Passer » dans Arthur’s Pass fut vraiment l’expression, dans notre cas.

Planification d’excursions

Deux activités nous ont donné du fil à retordre au niveau de la planification, soit la navette pour la randonnée Tongariro Alpine Crossing (j’y reviendrai dans un prochain article), et faire du vélo de montagne dans la Craigieburn Forest près d’Arthur’s Pass. Dans ce cas, il n’existe juste aucune option de location avec navette (je me suis informée). Il faut soit louer le vélo à Christchurch et l’y retourner (trajet loin d’être optimal pour un « court » séjour et requiert l’installation d’un support à vélo sur la voiture de location), soit participer à une semaine complète de vélo de montagne avec une agence spécialisée et à un coût astronomique (autour de 2000$ par personne pour 5 jours).

Enfin, même si les excursions de kayak (Milford Sound avec Orange et Abel Tasman avec R&R) sont relativement aisées à réserver même aussi tard que la veille du jour J, il vaut quand même mieux vérifier les disponibilités quelques jours à l’avance par internet ou par téléphone pour toute activité organisée, pour éviter d’être déçu s’il ne reste plus de place.

Heureusement, tellement de compagnies offrent des croisières sur le sound qu’il est souvent possible d’improviser.

En espérant que ces détails combinés à ceux fournis par d’autres blogueurs vous permettront de concocter un itinéraire qui vous convient!