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De très nombreux articles existent déjà au sujet de cette randonnée mythique, qui consiste à parcourir 19,4 km en une journée à travers un environnement si inhospitalier que Peter Jackson l’a choisi pour représenter le Mordor dans sa trilogie du Seigneur des anneaux. Je tenais tout de même à proposer ma version pour deux raisons :

1) Il s’agit d’un coup de cœur et il s’adonne que c’est le thème de ce blogue (ah oui?).

2) Malgré plusieurs recherches préparatoires, certains détails logistiques demeuraient flous et je souhaite partager les trucs acquis en cours de voyage avec vous.

Une randonnée qui en vaut le coup

Étant donné que le but de mon article n’est pas de faire de la publicité pour cet endroit –déjà extrêmement populaire– et parce que je trouve qu’il est plus facile d’apprécier le spectacle quand on ne l’a pas déjà vu sous toutes ses coutures avant même d’y mettre les pieds, vous n’y verrez pas les principales vedettes de la randonnée. Tout de même, fiez-vous à ma parole qu’à moins d’avoir déjà vu des paysages similaires, cette randonnée d’un jour est un incontournable pour qui aime marcher et être récompensé par son effort. La principale qualité de cette randonnée à l’écrin spectaculaire est aussi son accessibilité, autant en ce qui a trait à la forme physique qu’à la durée et à la logistique (tous les détails ci-dessous).

Même si j’essayais de devancer le groupe arrivé par la même navette que nous, je n’ai pu m’empêcher de faire quelques arrêts-photo dès les premiers kilomètres pour croquer la nature qui nous entourait.

Le peloton dont nous essayions de nous éloigner.

Après 1h30 de marche dans une vallée plutôt terne, nous passons enfin au-dessus du nuage pour accéder à la partie la plus intéressante du sentier.

Déjà une file d’attente à la toilette, mais bel effort de camouflage!

Toujours à la queue leu-leu, dans la seconde montée…

Vous ai-je dit que cette randonnée est ultrapopulaire?

Détails pratiques

1. Accès au sentier avec navette

Si vous avez commencé à vous informer, vous savez probablement qu’il est désormais interdit de stationner un véhicule plus de 4h à l’entrée du sentier, alors que la traversée prend plus de 4h. Il est donc nécessaire de réserver une navette privée pour effectuer cette randonnée en particulier. Alors que je comprends parfaitement la raison –limiter les files interminables de véhicules stationnés sauvagement de part et d’autre de la route, créant des problèmes de circulation, de sécurité et d’érosion–, je trouve cependant dommage qu’une activité a priori gratuite devienne dispendieuse de par cette interdiction. Sachez toutefois que les randonnées de ce secteur du parc demeurent gratuites si elles se complètent en moins de 4h.

En ce qui concerne la navette, on pourrait penser qu’on a le choix entre différents compétiteurs, avec un tarif assez unique de 40$NZ par adulte et de 25$NZ par enfant. Ce n’est cependant pas vraiment le cas, puisque les points d’embarquement diffèrent d’une compagnie à l’autre et on choisira généralement en fonction de son lieu d’hébergement pour éviter de devoir prendre l’auto pour se rendre au point de rendez-vous. Par exemple, si vous résidez au Skotel, il n’y a qu’une compagnie qui dessert l’endroit. Certaines compagnies offrent l’aller-retour depuis Taupo ou Turangi, personnellement je recommande de dormir à proximité pour profiter pleinement de la vue (j’y reviens un peu plus loin). D’autres compagnies offrent de vous ramener de la fin du sentier à votre véhicule stationné au départ de celui-ci, ce qui n’est plus vraiment intéressant avec les nouvelles restrictions de stationnement.

Ensuite, il faut choisir une heure de départ. Pour ce faire, je conseille de considérer l’heure de lever du soleil et sa vitesse de marche. Par exemple, à la mi-mars, un départ autour de 7h de Whakapapa ou de National Park Village permettra de débuter la randonnée à l’aurore (inutile de se lever plus tôt pour espérer être seul sur le sentier, d’autres auront la même bonne idée que vous). Attention! Les navettes n’attendent pas les retardataires et, en fin de randonnée, il est possible que vous deviez attendre votre tour plus de 1h si la capacité de la navette est insuffisante pour ramener tout ce beau monde parti avant, en même temps et après vous, le rythme étant plutôt variable d’une personne à l’autre.

2. Difficulté, temps et sens de parcours

Le Departement of Conservation (DoC) classe cette randonnée comme intermédiaire et je suis d’accord : avec suffisamment de temps, à peu près n’importe qui peut venir à bout des 850 m de montée et des descentes libres (non aménagées) dans la poussière de pierre volcanique. La difficulté réside en effet plus dans la durée que dans l’intensité de l’effort. À nous qui avions déjà un peu d’entraînement à notre actif, elle a paru plus aisée que l’ascension de Roy’s Peak. Mais s’il s’agit de la première randonnée sérieuse de votre voyage, vous pourriez sentir l’acide lactique dans vos jambes pendant quelques jours. Surtout, il ne faut pas négliger la prise régulière de collations, d’eau et de boisson de récupération (Gatorade, Powerade, etc.).

Alors qu’on lit souvent que le temps de parcours de cet fabuleux circuit tourne autour de 7h, notre groupe a réussi à l’effectuer en moins de 6h, incluant de nombreux arrêts-photo et deux pauses-dîner –tout le monde n’avait pas faim au même moment. Il faut dire qu’en début de randonnée, nous avons pressé un peu le pas pour laisser derrière nous le peloton fraîchement débarqué. Puis, une fois la descente amorcée, nous avons évalué qu’il était encore possible d’attraper la navette de retour précédant celle que nous visions initialement; nous avons donc maintenu une cadence plus élevée pour tenter de relever le défi.

On peut parfois se penser futé de débuter la randonnée dans le sens inverse de la plupart des marcheurs. Ici, il vaut mieux suivre le courant, en allant du stationnement de Mangatepopo vers celui de Ketetahi. D’abord, l’enchaînement des points d’intérêt est tout à fait satisfaisant. Ensuite, en raison de l’immense popularité du sentier, croiser en sens inverse toutes ces personnes ne peut être très plaisant. Enfin, même le DoC tient à le préciser : partir de Ketetahi vers Magatepopo ajoute 350 m de grimpée, portant le dénivelé positif total à 1200 m.

3. Hébergement

Je n’ai évidemment essayé qu’un seul établissement, le Skotel, alliant une section auberge de jeunesse (AJ) avec cuisine commune à un hôtel plus traditionnel. Les chambres de la section AJ sont petites et spartiates, mais puisque nous n’utilisions l’endroit que comme dortoir avant et après le Tongariro Alpine Crossing, nous avons trouvé qu’il s’agissait d’un excellent rapport qualité-prix. L’accès au wifi vient en option à 5$ par séjour pour l’ensemble du groupe, tout comme l’accès au spa en groupe privé sur réservation. Même s’il est un peu ennuyant de payer des extras, le prix demeure raisonnable par rapport aux services correspondants. La réservation pour la navette vers le Tongariro Alpine Crossing peut être faite et payée directement à l’accueil. Le principal attrait du Skotel demeure cependant à mon avis la magnifique vue que l’on a de partout sur le terrain de l’hôtel : sur le mont Ngauruhoe au nord et sur le mont Ruapehu au sud.

La veille du grand jour, je me félicite déjà de notre choix de logement, avec cette vision depuis notre chambre…abstraction faite des poubelles ;-)

La terrasse du restaurant du Skotel, aussi accessible en dehors des heures de service, est l’endroit idéal pour admirer les volcans avant ou après les avoir côtoyés de près.


Quelques compagnies offrant la navette :

Tongariro Crossing Shuttles

Tongariro Expeditions

Summit Shuttles

Tongariro Transport Hub