Christchurch à l’heure bleue

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Ayant subi des tremblements de terre majeurs en 2010 et en 2011, la « plus anglaise des villes néozélandaises » n’a plus le charme d’autrefois, aux dires de ceux qu’ils l’ont connue avant. Pour les néophytes qui n’y font qu’escale et logent hors du cœur historique, difficile d’être convaincu par Christchurch; sa banlieue est aussi inintéressante que celles auxquelles on est habitué, mélange de power centers et de quartiers résidentiels plus modernes construits sans souci pour l’aménagement et pour l’architecture. Mais entreprendre une balade dans le precinct de la rivière Avon au coucher du soleil fera changer d’avis celui qui n’était que de passage dans la troisième plus grande ville de Nouvelle-Zélande.

Un quartier en reconstruction

Lentement mais sûrement, les bâtiments historiques les moins endommagés sont retapés, alors que de nouveaux édifices commerciaux s’érigent. De mon point de vue de touriste, la sélection des emplacements et des styles architecturaux des nouvelles constructions paraît équilibrée par rapport à l’existant.

Ayant amorcé ma balade sur le tard (19h), je n’ai malheureusement pas eu le temps de marcher toute la zone d’intérêt avant la tombée de la nuit, une heure et demie plus tard. Selon l’office du tourisme, les principaux attraits du centre-ville sont concentrés entre South Hagley Park et New Regent Street, un trajet piéton d’une durée théorique de 30 minutes, en excluant les arrêts. Même si elle n’est pas très loin de ce secteur, la cathédrale transitionnelle ne vaut selon moi pas le déplacement, surtout à la lumière du jour.

Les allées d’arbres ont le tour de donner du cachet à une rue, ici Worcester Street.

Une des quelques « maisons » d’inspiration victorienne toujours debout le long de Worcester Street.

Le centre d’arts sur Worcester Street, dont certaines sections sont toujours en rénovation, a été aménagé dans un ancien collège bâti en 1877.

Plusieurs œuvres d’art public enjolivent le quartier, ici à la Christchurch Art Gallery.

Temps fort de la promenade : les jardins botaniques

Même hors des heures d’ouverture des serres (10h à 16h), les jardins botaniques demeurent un merveilleux parc où flâner. Le clou de ma courte visite : le jardin de dahlias, dans la section centrale, quoique la Peacock Fountain, située près de Rolleston Avenue, soit aussi un bijou, malgré la controverse créée par les couleurs utilisées lors de sa restauration (moi, j’adore!).

Le jardin de dahlias, mon coup de cœur de la soirée.

La section des roses n’est pas en reste.

Le Canterbury Museum, à l’entrée est des jardins.

Au cœur du quartier, la rivière Avon

Sillonnant doucement le centre-ville historique, la rivière Avon a sûrement joué un rôle important dans l’aménagement somme toute intéressant du secteur. La nouvelle esplanade de part et d’autre du cours d’eau, dans la zone commerciale située entre Gloucester Street et le pont du Souvenir, lui fait d’ailleurs la part belle.

Depuis Woodland Bridge, dans les jardins botaniques.

Oxford Terrace

Bridge of Remembrance (pont du Souvenir)

Pourquoi le soir et où se garer?

Cette balade en soirée n’est pas sans me rappeler toutes celles que j’ai faites après le départ des hordes de croisiéristes en Croatie. Même si cet horaire de visite n’est jamais intentionnel, j’apprécie de voir les villes sous leur jour nocturne (!), avec le coucher de soleil, l’heure bleue, puis les éclairages de mise en valeur. Surtout, les touristes sont moins nombreux, ce qui signifie moins de bruit, moins de stress, moins d’intrus dans les photos et plus de facilité à trouver une place de stationnement ou une table au restaurant. D’ailleurs, le stationnement en plein centre-ville est souvent gratuit et d’une durée illimitée après 18h! Ici, j’ai trouvé aisément sur Montreal Street, à deux pas des jardins botaniques.

Où dormir à Christchurch?

À part le fait qu’il n’y avait pas vraiment d’endroit où déposer ses effets personnels dans la salle de bain –un défaut fréquent des logements modernes–, j’ai vraiment apprécié la suite privée de Dee, située dans les collines au sud de la ville. Le logement est propre et récent, le quartier est tranquille et sécuritaire et, surtout, il y a une piscine et un spa! Une voiture est toutefois requise pour s’y rendre tout comme pour rallier le centre-ville.

Comme deux sœurs

À présent que je revisite mes photographies et impressions, le centre-ville de Christchurch me rappelle drôlement celui de Sherbrooke au Canada : architecture d’inspiration anglaise, développement dans la seconde moitié du XIXe siècle, rareté des passants par les belles soirées chaudes d’été malgré une revitalisation du centre-ville, aménagements de mise en valeur d’un cours d’eau traversant le centre-ville…que pensez-vous de ma comparaison?

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Waiheke (malgré l’achalandage, la chaleur et les prix de fous!)

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Le titre vend la mèche : j’ai bien aimé mon excursion à l’île de Waiheke, tout près d’Auckland, mais cette visite aurait été pu être encore plus agréable en d’autres circonstances.

Produits de la mer, doux relief et plages de sable blanc

Arrivés sur l’île au zénith, nous faisons halte à Ostend chez Te Matuku pour acheter de quoi pique-niquer, sur recommandation de la guide du Waiheke Explorer. À 10$ pour une bento de produits de la mer frais, ça commence bien la journée. À deux pas de là, une épicerie de bannière Countdown aurait aussi pu s’avérer utile. Mais ce qui m’accroche, c’est le petit marché qui se tient de 7h30 à 13h le samedi juste à côté, mélange de marché aux puces (vêtements, jouets et objets décoratifs d’occasion), de kiosques de nourriture fait maison (sucettes glacées à l’avocat, saucisses, pizza, pains, etc.) et étals de marchandises neuves fabriquées en Chine, le tout dans une atmosphère détendue à la néozélandaise.

Après une longue attente pour le bus (j’y reviens plus loin), nous entamons une série de dégustations de vin. Série en fin de compte assez réduite, puisque les établissements sont parfois complets, les prix sont chers et les distances à marcher entre les vignobles sont non négligeables. Tout de même, la randonnée de 2h (arrêts inclus) qui nous mène de Wild Estate à la Casita Miro en passant par Te Motu, Stonyridge et Obsidian nous permet d’admirer les paysages vallonnés de l’île et les vignes en terrasses qui recouvrent une bonne partie des collines.

Un peu exaspérés par le prix des dégustations (j’y reviens aussi plus loin), nous achetons une bouteille de rosé à « seulement » 30$ et nous terminons l’après-midi sur la magnifique plage de Onetangi, avant de reprendre l’Explorer pour retourner au quai.

(Pour une idée de l’itinéraire à pied, c’est par ici, mais ne vous fiez pas à la durée, car il existe un sentier aménagé pour les marcheurs entre Stonyridge, Casita Miro et Obsidian, et il ne figure pas dans Google Maps.)

Dès l’approche, la végétation similaire au maquis et les criques aux eaux turquoises de l’île rappellent Hvar en Croatie, une autre île viticole.

Un arrêt que je recommande : la poissonnerie Te Matuku, pour un repas frais, sur le pouce et abordable.

Paysages champêtres au cœur du secteur viticole

Casita Miro : Si vous réussissez à avoir une table à ce vignoble, tant mieux, mais la terrasse agrémentée de trencadis, cette technique utilisée par Gaudí au parc Güell, justifie amplement la visite.

Onetangi Beach vue de Sea View Road

Conseils de visite : le bon moment

Si les foules vous énervent, éviter les belles fins de semaine d’été, car il n’y a pas que les touristes qui aient un faible pour Waiheke : cette excursion est populaire auprès des 1,7 million d’Aucklanders, qui y voient l’occasion de célébrer –fiançailles, enterrement de vie de jeune fille, retraite– et de prendre l’air hors de la ville. Conséquences : files interminables pour embarquer sur le traversier à l’aller –même si vous aviez acheté votre billet d’avance–, bus hop on hop off pleins (j’en discute plus loin) et établissements de restauration à pleine capacité à certaines périodes de la journée. Bref, la patience est de mise, en gardant en tête que l’on vient à Waiheke pour se détendre…

13h30 : les foules se massent au vignoble situé le plus près de la route, Wild Estate. Durée de l’attente pour effectuer une dégustation ? 1h30. On repassera!

Des pistes de solution pour ceux qui aimeraient une visite plus tranquille :

1) Venir en semaine, alors qu’une bonne partie des Aucklanders est au travail.

2) Vous présenter à l’embarquement avant 10h, car l’attente à partir de ce moment peut être supérieure à 1h, avec un traversier aux 30 minutes. Heureusement que la capacité des traversiers pour piétons est énorme, la file avance vite une fois l’embarquement débuté. Le trajet lui-même dure environ 35 minutes. Étant arrivés au quai vers 10h un samedi de mars, nous sommes débarqués sur l’île autour de midi.

Pour profiter de l’île avant l’arrivée des masses, par exemple pour effectuer une randonnée, les départs de 7h ou de 8h sont intéressants, encore que dormir sur place puisse s’avérer encore mieux. Si vous venez pour les vins, sachez cependant que les horaires de dégustation sont généralement de 11h à 17h, avec quelques établissements ouvrant plus tôt (10h30) ou fermant plus tôt (16h). Dans ce cas, arriver autour de 11h sur l’île semble un bon compromis.

Quelques indications supplémentaires pendant que je vous parle du traversier : si vous réservez en ligne et que vous ne recevez pas la confirmation par courriel, présentez-vous à la billetterie pour demander à ce qu’on vous renvoie les tickets, autrement vous ne pourrez embarquer. Une fois dans le ferry, je recommande le pont supérieur pour la vue, car les fenêtres sont moins sales et l’air n’est pas climatisé.

Se rendre à Waiheke et s’y déplacer : les bons et les mauvais coups

En raison du prix élevé et des horaires limités du traversier pour véhicules ainsi que des restrictions que la limite d’alcoolémie (0,05 g/L) aurait imposé à notre consommation de vin, nous avons décidé de laisser la voiture à Auckland. L’option de louer une voiture sur place semble toutefois logique pour ceux qui ne boivent pas de vin (ou qui le recrachent), ceux qui restent plus d’une journée et veulent explorer l’entièreté de l’île et ceux qui, tout simplement, apprécient l’indépendance qu’avoir son propre moyen de transport procure.

Comme ça roule assez bien en ville hors des heures de pointe, nous avons garé la voiture dans un stationnement payant près du quai d’où part le traversier. Depuis la banlieue (Birkenhead), à trois passagers et la fin de semaine, cela nous est revenu moins cher que le bus (10$ contre 33$), c’était drôlement plus rapide et plus flexible, et tout simplement moins compliqué que de devoir acheter des billets et se coordonner avec les horaires de bus. La semaine, le Downtown Car Park est plus cher (30$) et il y a probablement plus de trafic pour entrer en ville, donc si vous souhaitez essayer le transport en commun, voici le lien pour planifier votre itinéraire.

Une fois rendus sur l’île, nous comptions sur le Waiheke Explorer de Fullers pour nous déplacer. Il s’agit d’un bus de type « hop on, hop off » dont l’accès est inclus avec le traversier dans un billet combiné au coût de 65$/personne (contre 40$ pour le traversier uniquement). Les avantages de ce service sont de recevoir les commentaires et recommandations d’un guide et d’accéder plus facilement à certains vignobles situés en retrait des artères principales, mais encore là, certains vignobles se trouvent à 25 minutes de marche de l’arrêt le plus proche. Ce service créé pour les touristes présente en outre des inconvénients majeurs en période de grand achaladange comme les fins de semaine d’été et d’automne :

  • Le service n’est qu’aux demi-heures.
  • Le bus est parfois plein au point où des passagers se voient refuser l’embarquement faute de place.

Imaginez que cela vous arrive et que vous attendiez déjà à l’arrêt depuis 25 minutes sous un soleil de plomb…Nous avons vécu cela à Ostend sur l’heure du midi, en voulant se rendre vers l’est.

Une alternative aurait été d’acheter la Waiheke All Day Bus Pass à 12$/personne (en ligne ou au kiosque du traversier) et d’utiliser les transports publics plutôt que le service touristique pour se déplacer le long de l’axe central est-ouest de l’île. Les bus ne sont peut-être pas plus fréquents, mais je doute qu’ils soient aussi bondés! Autre alternative à partir du centre-ville d’Ostend : marcher 45 minutes pour atteindre les vignobles du secteur central.

Si vous avez exploré l’île à vélo ou en transports en commun, je serais curieuse de savoir si vous recommandez?

Autres considérations

Si vous souhaitez parcourir l’île un minimum à pied (par exemple pour atteindre des vignobles plus reculés), vous constaterez que l’ombre est rare et que le terrain est escarpé, vous faisant suer à grosses gouttes dans vos vêtements pourtant légers. Prévoyez donc de bonnes réserves d’eau.

Apportez aussi des collations, pour vous soutenir en attendant une place assise dans un restaurant ou pendant un long déplacement à pied (par exemple, au cas où il n’y aurait plus de place pour vous dans le bus ;-).

Avec ces conseils en poche, j’espère que vous serez en mesure de prendre des décisions éclairées quant à votre excursion, en fonction de vos intérêts, de votre horaire et de votre style de voyageur.

Très recherchées par temps chaud, des cruches sont disponibles dans la majorité des établissements pour s’hydrater.


Vins : la taxe Waiheke

Outre les foules et la chaleur, le prix des dégustations de vin a été, à mes yeux, un désagrément majeur de ma virée. Je commençais à avoir l’habitude des dégustations payantes, après l’Alsace, la péninsule de Niagara et le Prince Edward County, mais jamais je n’avais payé 15 ou 20$ par personne comme à Waiheke. Normalement –et ça inclut ailleurs en Nouvelle-Zélande–, on est plus autour de 5 à 7$, et il y a assez de liquide par service pour partager. Bien sûr, les frais sont levés avec un achat minimum, sauf qu’avec des produits à 150$ à certains endroits, on se voit bien mal acquérir une bouteille juste pour éviter les frais. Nous l’avons finalement fait chez Obsidian, où la dégustation coûtait 15 $ mais où le vin rosé se vendait 30$. Ridicule comme ratio, non?

En fin de compte, même si nous avons visité 5 vignobles dans le secteur central, nous avons goûté des vins à seulement deux endroits et aucun d’eux ne s’est valu une place dans mes coups de coeur. Je vous reparlerai cependant plus tard de nombreux vins néozélandais que j’ai découverts, dans d’autres régions. Si j’étais demeurée sur l’île plus longtemps, j’aurais aimé me rendre jusqu’au Peacock Sky Vineyard, qui m’avait été recommandé par une amie.

À ceux qui sont déjà passés par là, quels sont vos vignobles préférés de Waiheke et pourquoi?

Ces arbres tordus d’Auckland

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Après quelques semaines à parler de logistique, entrons enfin dans le vif du sujet : mes coups de cœur de voyage en Nouvelle-Zélande!

D’entrée de jeu, j’admets que je suis passée vite à Auckland (moins de 24h) et que je n’ai peut-être pas eu le temps d’en découvrir l’âme. Un élément a tout de même retenu mon attention alors que je rejoignais à pied les quais sur l’océan Pacifique depuis le domaine d’Auckland, en suivant plus ou moins rigoureusement la Coast-to-Coast Walkway, une balade de 16 km (aller) qui traverse la ville.

En effet, après avoir visité gratuitement les serres victoriennes du domaine, je descends Centennial Walkway pour rejoindre Grafton Road puis Princes Street, cœur de l’université d’Auckland. C’est le long de ce « sentier centenaire » que je rencontre des arbres tout à fait particuliers, à l’allure à la fois féérique et effrayante.

Les arbres maléfiques de Centennial Walkway

Université d’Auckland

Plus loin, dans la portion d’Albert Park donnant sur Kitchener Street –encore un petit détour par rapport à la Coast-to-Coast Walkway–, les arbres sont tellement difformes que des « béquilles » ont dû être placées dans l’allée piétonne pour soutenir certains de leurs membres tordus. Il vaut mieux pour le promeneur de regarder où il marche, au risque d’être assommé par une branche un peu basse!

Ah et tant pis pour l’itinéraire balisé, je me perds volontiers dans les rues du secteur, croisant au passage un des rares bâtiments « historiques » du centre-ville, le 71B Fort Street.

Cet édifice bien conservé, autrefois propriété d’une compagnie céréalière, abrite désormais un café au rez-de-chaussée.

Ma balade aboutit à une petite place commerciale piétonne récemment aménagée près de la station de train Britomart, à la mode avec ses guirlandes lumineuses et ses arbres plantés dans des bacs de bois.

En revenant par un trajet similaire, je ne peux m’empêcher de photographier encore et encore les arbres tordus de Centennial Walkway.

Durée totale du parcours : 2h30 aller-retour, incluant environ 30 minutes de visite des serres du domaine d’Auckland. Si cet itinéraire vous intéresse, j’en ai épinglé les principaux arrêts dans Google Maps.

Jardin botanique

Conseils pour les automobilistes

Pas facile de se garer gratuitement au centre-ville d’Auckland. Si vous prévoyez être aussi expéditifs que moi dans votre visite, tentez votre chance du côté de l’Auckland Domain, où des plages de 120 à 180 minutes sont offertes. Encore faut-il trouver une place !

Nouvelle-Zélande : saison, durée et itinéraire

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C’est rendu une habitude : avant de vous présenter en série mes coups de cœur d’un pays ou d’une région, j’aime bien parler de logistique et d’impressions générales. Aujourd’hui, même si cela a été fait par de nombreuses personnes avant moi, je reviens sur notre itinéraire et vous en donne les bons coups et les moins bons.

Saison : achalandage, hébergement et température

Tout d’abord –vous commencez à me connaître–, j’essaie d’éviter la haute saison touristique, autant parce les foules me rendent dingue que parce que les hébergements sont souvent hors de prix et difficiles à réserver à la dernière minute. Le hic, c’est que je voulais visiter la Nouvelle-Zélande en été, autant pour profiter de la chaleur que parce que c’est pendant l’hiver septentrional qu’il me convenait mieux de partir en vacances cette année.

Janvier et février, c’était hors de question, puisque ce sont les vacances scolaires néo-zélandaises. Il me restait donc mars, ce qui s’est avéré un heureux choix pour la température, même si ça n’a pas été le succès escompté du côté des hébergements. En effet, même s’il y avait probablement moins d’achalandage que lors des mois précédents, il reste que l’offre est réduite dans plusieurs secteurs et qu’il est primordial de réserver plusieurs jours voire semaines à l’avance si l’on veut éviter de se retrouver dans un dortoir crasseux ou de dépasser son budget. Il nous est arrivé à plusieurs reprises de « magasiner » un hébergement en soirée et qu’il ne soit plus disponible le lendemain matin. D’ailleurs, les meilleurs rapports qualité-prix que nous avons eu sont généralement pour les hébergements que nous avions réservés avant de partir en voyage.

Du côté de la température, je me suis royalement fait avoir par les guides et le service météorologique néo-zélandais, qui mentionnaient une température maximale moyenne de 21° C en mars à Auckland, le secteur le plus chaud du pays. Conséquence? J’avais apporté beaucoup trop de vêtements chauds –entendons par là jeans longs et t-shirts– et je me suis retrouvée à détremper à répétition mes hauts et à reporter la même robe légère au moins 7 fois en un mois. La morale de l’histoire? En été, toujours ajouter 4-5°C au maximum mentionné par le Met Service pour bien planifier son habillement de la journée, quitte à trimballer une petite laine (un pull) « au cas où ». Car même s’il fait plus frais en matinée avant que le ciel ne se dégage, le soleil est très fort. D’ailleurs, ne lésinez pas sur la protection UV, la couche d’ozone comporte un bon trou au niveau de la Nouvelle-Zélande. Ainsi, à moins que l’année 2019 ait été exceptionnelle, le mois de mars semble plus être un prolongement de l’été que le début de l’automne comme c’est le cas notamment du mois de septembre au Québec.

L’herbe n’est pas jaune pour rien dans les scènes de Rohan du Seigneur des anneaux; l’été 2019 néo-zélandais a combiné chaleur intense et rareté des précipitations.

Durée et itinéraire

Tous les amis et collègues qui avaient déjà visité le pays des Kiwis me déconseillaient de traverser les deux îles en moins de 5 semaines –trois sur l’île du Sud, deux sur l’île du Nord–, en raison des distances à parcourir et de la quantité d’attraits à voir et de randonnées à faire. Même si nous avons été à la course sur certaines portions d’itinéraire et même si nous avons décidé de laisser tomber certaines destinations auxquelles nous tenions (j’y reviens plus loin), un séjour de 4 semaines nous a paru suffisant. À seulement 2 ou 3 semaines, je suis d’accord avec mes conseillers qu’il serait plus sage de se concentrer sur une seule île que de se claquer 5 500 km de route et passer trop vite sur chaque secteur visité.

Donc 4 semaines de roadtrip, dans une séquence moins conventionnelle que d’autres –du moins, j’aime le croire. En effet, selon les conseils de Le monde ambulant et d’autres blogueurs, nous avons amorcé notre périple par l’île du Sud et progressé vers le nord…exception faite de notre escale prolongée à Auckland en début de voyage, pour se laisser le temps d’arriver. Voici donc l’itinéraire que nous avons réalisé, suivi de quelques remarques :

  • Jour 0 : Arrivée à Auckland
  • Jours 1 à 3 : Auckland, Waiheke et Poor Knight Islands
  • Jour 4 : vol interne vers Christchurch (île du Sud) et visite de la ville en soirée
  • Jours 5 et 6 : Dunedin et péninsule de l’Otago
  • Jours 6 à 8 : Te Anau et Milford Sound
  • Jours 8 à 10 : région des Lacs (Queenstown, Wanaka, Glenorchy)
  • Jour 11 : route vers Mt Cook et randonnée à sa base
  • Jour 12 : traversée de l’Arthur’s Pass
  • Jours 13 et 14 : côte ouest
  • Jour 15 : parc national Abel Tasman
  • Jour 16 : vignobles du Marlborough
  • Jour 17 : traversée vers l’île du Nord
  • Jour 18 : visite de Wellington
  • Jour 19 : route, avec vignobles du Martinborough au passage
  • Jour 20 : randonnée Tongariro Alpine Crossing
  • Jour 21 : vélo sur l’Old Coach Road (Ohakune) et Napier (sur la côte est)
  • Jour 22 : vignobles sur la côte est
  • Jour 23 : vélo autour de Taupo
  • Jour 24 : parc géothermique Wai-O-Tapu et Rotorua
  • Jour 25 : randonnée dans Redwood Forest et visite de Hobbiton
  • Jour 26 : surf à Raglan (sur la côte ouest)
  • Jour 27 : randonnée dans la péninsule du Coromandel et retour à Auckland
  • Jour 28 : petite virée à Piha (sur la côte ouest) et départ d’Auckland.

En haute saison, une place à bord des traversiers reliant les deux îles ne se réserve probablement pas à la dernière minute.

Malgré les trois jours de pluie sur le mois –quand il pleut au royaume du plein air, il n’y pas grand-chose à faire, comme à Hawai’i–, nous avons réussi à visiter toutes les destinations mêmes optionnelles qui étaient dans la planification et à réaliser la plupart des activités que nous avions envie de faire, hormis la découverte de l’Otago central à vélo et un détour par le mont Taranaki –que nous avions discarté dès le début de la planification sachant que nous n’aurions pas le temps de s’y rendre–. La durée des excursions recommandées dans les deux cas variaient entre 3 et 5 jours et nous n’aurions de toute façon qu’effleuré le sujet. Si nous retournons un jour au pays des Kiwis, ces deux secteurs seront nos priorités. Nous aurions aussi aimé faire plus de randonnées pédestres et de plus longues, ainsi qu’explorer certains secteurs viticoles (Marlborough, Martinborough, côte est de l’île du Nord) à vélo plutôt qu’en auto comme nous l’avons fait cette fois.

À l’opposé, j’aurais laissé tomber l’excursion aux Poor Knight Islands. D’abord, comme toute activité organisée en Nouvelle-Zélande, le prix était le double de ce que nous aurions été prêts à payer pour une activité équivalente au Canada. Or, la variété et les couleurs des poissons de la crique où nous avons été conduits n’arrivaient juste pas à la cheville de ce que nous avions pu admirer gratuitement en snorkelling à Hawaii. (Je sais que les vrais plongeurs et que les Néo-zélandais ne seront généralement pas d’accord, mais c’est mon opinion.) En outre, même si je m’y attendais, cette activité de type « la croisière s’amuse » n’était juste pas mon genre. Dernier argument : 5h de route aller-retour à partir d’Auckland pour une excursion qui en dure 4h.

Excursion aux Poor Knight Islands

Un segment que je retravaillerais est celui qui nous a mené en deux jours de Glenorchy à la côte ouest de l’île du Sud (Hokitika) en passant par Mt Cook puis Arthur’s Pass. Alors que nous avions prévu effectuer une journée de randonnée dans la « passe », les paysages nous auraient peut-être semblé redondants après 3 jours passés dans la région des Lacs. Un arrêt dans l’Otago central ou à Christchurch aurait peut-être permis de varier les activités et les paysages, même si je vois pas encore comment cela aurait pu être optimal, étant donné que nous étions déjà passés par Christchurch. Ce qui me rappelle que la géographie de l’île du Sud ne permet juste pas de circuler en une boucle parfaite.

« Passer » dans Arthur’s Pass fut vraiment l’expression, dans notre cas.

Planification d’excursions

Deux activités nous ont donné du fil à retordre au niveau de la planification, soit la navette pour la randonnée Tongariro Alpine Crossing (j’y reviendrai dans un prochain article), et faire du vélo de montagne dans la Craigieburn Forest près d’Arthur’s Pass. Dans ce cas, il n’existe juste aucune option de location avec navette (je me suis informée). Il faut soit louer le vélo à Christchurch et l’y retourner (trajet loin d’être optimal pour un « court » séjour et requiert l’installation d’un support à vélo sur la voiture de location), soit participer à une semaine complète de vélo de montagne avec une agence spécialisée et à un coût astronomique (autour de 2000$ par personne pour 5 jours).

Enfin, même si les excursions de kayak (Milford Sound avec Orange et Abel Tasman avec R&R) sont relativement aisées à réserver même aussi tard que la veille du jour J, il vaut quand même mieux vérifier les disponibilités quelques jours à l’avance par internet ou par téléphone pour toute activité organisée, pour éviter d’être déçu s’il ne reste plus de place.

Heureusement, tellement de compagnies offrent des croisières sur le sound qu’il est souvent possible d’improviser.

En espérant que ces détails combinés à ceux fournis par d’autres blogueurs vous permettront de concocter un itinéraire qui vous convient!

Manger en Nouvelle-Zélande

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C’est rendu une habitude : avant de vous présenter en série mes coups de cœur d’un pays ou d’une région, j’aime bien parler de logistique et d’impressions générales. Aujourd’hui : se nourrir. Évidemment, je ne vais pas discourir sur « comment » y arriver, plutôt sur des tendances que j’ai observées.

1. Les portions et les prix

Un peu comme aux États-Unis, les portions dans les restaurants sont généreuses, sauf peut-être dans les établissements plus haut de gamme. Par exemple, à notre premier souper dans un restaurant indien, mes deux amis ont eu la bonne idée de prendre chacun une entrée de bhajis à l’oignon en plus de leur plat principal. Ce fut une de ces fois où, sur réception du plat, l’expression « avoir les yeux plus grands que la panse » s’est avérée!

Salade au poulet ou poulet à la salade? Dans tous les cas, une montagne de poulet pané!

D’autre part, les taxes étant incluses et le pourboire au serveur étant loin d’être obligatoire, il est généralement facile de s’en tirer avec 20 $ pour un plat principal et un dessert, à l’heure du lunch.

2. Les fromages

Ma principale déception culinaire du voyage, avec la rareté de l’agneau. Je ne sais pas d’où je tirais mes attentes, mais j’avais l’espoir de me régaler de fromage fin et de fromage au lait de brebis, probablement parce que l’industrie laitière néo-zélandaise est florissante et parce que la population de mouton y est énorme. Or, l’offre est très limitée, du moins en épicerie : on a le choix entre du cheddar, du colby (une variante du cheddar), du tasty (du cheddar légèrement vieilli) et de l’edam. Évidemment, on trouve un peu de mozzarella, de brie et de camembert, mais ça reste des productions industrielles au goût fade. Soit les Kiwis n’ont de papilles que pour les fromages de type cheddar, soit l’industrie est trop jeune pour qu’un savoir-faire artisanal se soit développé à la hauteur de ce qu’on trouve en France ou même au Québec.

Pour parler franchement, la seule fois où nous avons réussi à mettre la main sur un produit intéressant –un fromage artisanal à pâte persillée– est dans une boutique spécialisée, The Junction Shop à Appleby. On y vendait aussi de la réglisse en rouleaux.

Aussi, je me demande quel lait et quelle technique sont utilisés pour produire le feta local, puisque que le goût sûr caractéristique de ce fromage était absent à toutes les fois où j’en ai mangé.

3. Les légumes

Cela va probablement vous sembler étrange comme commentaire, mais j’ai trouvé que les Néo-zélandais exploitaient la courge, la citrouille, la betterave et la patate douce de façon très intéressante, notamment dans l’hummus (houmos), sur la pizza, dans une frittata, en salade…bref, dans une variété de plats beaucoup plus grande que les traditionnels potages.

Nouvelle inspiration de pizza, chez Maina : agneau, betterave, citrouille, feta, oignon caramélisé et mozzarella

4. Les cafés

Plus qu’ailleurs, j’ai trouvé que les cafés occupaient une place importante sinon prédominante dans la restauration. Lorsque nous n’étions pas en sortie de plein air, nos repas du midi ont presqu’exclusivement été comblés par des cafés. Pour une cuisine authentique et abordable (<20$ par personne), c’est vraiment l’endroit, à condition de s’y rendre avant la fermeture, généralement en milieu d’après-midi. Familles avec jeunes enfants, grands-parents et jeunes adultes y trouvent tous leur compte. Voici une liste d’établissements qui m’ont d’ailleurs laissé un bon souvenir, sans se mériter un article pour expérience exceptionnelle :

Deville : 22 New Street, Nelson (île du Sud)

Déjeuners et cuisine d’inspiration latine, portions généreuses, plats simples mais goûteux et réconfortants, comme le taco de poisson à la salade de crevettes, gaspacho, salsa verde, avocat et aïoli. La terrasse cachée dans la végétation convient autant aux brunchs familiaux qu’aux groupes d’amis refaisant le monde autour de rafraîchissements alcoolisés.

Burrito au porc BBQ

Maina : 1 Havelock Road, Havelock North [juste au sud de Napier] (île du Nord)

Salades et pizzas dans un décor résolument à la mode, combinant blancheur immaculée, bois et végétaux.

Cafe Medici, 9 Kitchener Street, Martinborough (île du Nord)

Pâtes et salades. Beaucoup de cachet à l’intérieur, mais c’est à la terrasse aménagée dans la cour arrière que nous avons choisi de nous installer.

The Refinery, 5 Willoughby Street, Paeroa (île du Nord)

Cet ancien entrepôt converti en café et agrémenté d’une terrasse très à la mode avec son mobilier vintage est accessible de la rue principale (Belmont Road) par une allée secrète donnant entre les numéros 60 et 64.

5. Les desserts

Même pour moi qui adore les desserts sucrés, j’ai trouvé que c’était « trop », peu importe qu’il s’agisse de beigne, de gâteau, de muffin, de carré ou de tarte : trop grosses portions (je me serais souvent contentée de la moitié), trop gras et trop sucré (à en avoir mal au coeur). Surtout, malgré des apparences alléchantes, le goût était rarement à la hauteur de mes attentes. Un peu comme pour les fromages, il faut croire que je suis habituée au raffinement des desserts français et italiens, même si j’apprécie certains desserts plus costauds d’origine anglo-saxonne tels les tartes au beurre, les muffins ou le cheesecake. À ce sujet, si vous êtes habitués au goût un peu sûr du gâteau au fromage nord-américain, attribuable à l’utilisation de fromage à la crème et/ou de crème sûre, vous risquez d’être déçus. Encore une fois, je ne sais pas comment les Néo-zélandais fabriquent leur fromage à la crème, mais clairement pas selon la recette de la marque Philadelphia.

Ce beigne fourré à la crème et à la confiture de la Fairlie Bakehouse à Fairlie (île du Sud) est un bel exemple de « trop » : quatre personnes ont été nécessaires pour en venir à bout!

Encore une fois, quelque chose qui cloche avec le crémage de ce beau gâteau aux abricots de The Refinery

(Je tiens à préciser que cette critique des desserts kiwis est basée sur des expériences répétées dans différents établissements répartis géographiquement dans le pays.)

6. Le saumon fumé

La Nouvelle-Zélande a beau être le royaume du saumon, il faut être vigilant en épicerie lorsque vient le temps de choisir son saumon fumé en tranches pour concocter un décadent accompagnement d’apéro avec câpres, huile d’olive et oignon rouge sur baguette. Ne lésinez pas sur le prix pour vous procurer un produit local de qualité, comme le Marlborough king salmon de la marque Regal ou le Sovereign king salmon de la marque Studholme, tous deux fumés sur bois de manuka et vendus autour de 100$ le kilo.

En conclusion

On mange bien et à prix très raisonnable en Nouvelle-Zélande, mais il ne faut pas s’attendre à ce que tout goûte « comme à la maison ».


* Tous les prix indiqués sont en dollars néo-zélandais, 1 $ néo-zélandais équivalant à environ 0,60 euro, 0,65 $ états-unien ou 0,90 $ canadien.

Se déplacer en Nouvelle-Zélande

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C’est rendu une habitude : avant de vous présenter en série mes coups de cœur d’un pays ou d’une région, j’aime bien parler de logistique et d’impressions générales. Aujourd’hui : se déplacer.

Type de véhicule et prix

Lorsque je mentionnais mon futur voyage à des amis ou des collègues, j’ai arrêté tôt de compter le nombre de personnes qui me demandaient si j’allais louer un camping-car. Cette façon de parcourir la Nouvelle-Zélande est en effet on ne peut plus commune et possède certainement ses atouts, dont la proximité avec la nature. Si c’est ce que j’avais choisi, je ne vous en parlerais même pas, car la quantité de renseignements sur le sujet ne manque pas sur internet. Non, mes amis et moi avons opté pour la location d’une simple voiture…hybride.

D’abord, avec un prix de l’essence à plus de 2$* le litre et un parcours de plus de 5 000 km, la faible consommation de notre Toyota Prius nous a permis d’obtenir une excellente moyenne : environ 5,5 L/100 km. Plutôt remarquable quand on pense au dénivelé que la voiture a traversé pendant le périple! En prime : suffisamment d’espace dans le coffre pour accommoder les valises de 3 adultes, une conduite silencieuse et des instructions en japonais (!).

Notre fidèle compagnonne

La radio en japonais, c’est tellement commode! Surtout quand la bande FM arrête à 90 MHz alors que la majorité des chaînes sont à plus haute fréquence…

Ensuite, le prix de location était ridiculement bas : 33$/jour incluant les taxes, les assurances béton (plus à ce sujet à la prochaine section) et autant de conducteurs supplémentaires que désiré, gratuitement. Je vous invite d’ailleurs à fouiller Internet à la recherche de codes promotionnels, car le tarif que je vous indique est le résultat d’une escompte de 20 % glanée dans la FAQ du site internet du locateur lui-même.

À titre comparatif, un camping-car qui logerait trois personnes se détaille autour de 193$/jour tous frais inclus chez Jucy Rentals. On parle donc d’une différence de 160$/jour. Rarement avons-nous déboursé autant que 160$/jour à trois pour de l’hébergement ! En considérant la consommation d’essence énorme des vans, le montant dégagé pour l’hébergement par la location d’une simple voiture serait encore plus grand.

Assurances

Au début, nous hésitions à prendre l’assurance « béton » offerte par les locateurs à cause de la majoration qu’elle occasionnait sur le prix de location. Ces assurances béton comprennent généralement une franchise à 0$ (contre 2 000$ avec l’assurance de base), le remplacement du parebrise en cas de bris (voir en fin d’article) et la réparation ou le remplacement de pneu en cas de crevaison, en plus de l’assurance de base qui couvre les dommages aux véhicules et aux personnes. D’ailleurs, le concept de poursuite pour les dommages liés aux accidents de voiture est plutôt inexistant en Nouvelle-Zélande, contrairement aux États-Unis. Je ne pourrais pas vous l’expliquer correctement, mais sachez que vous n’avez pas besoin de vous munir d’une assurance responsabilité civile spécifique pour conduire en Nouvelle-Zélande, les assurances offertes par les locateurs la couvre.

Pour parcourir 5 000 km en un mois et une première expérience de conduite à gauche, partir l’esprit tranquille n’a finalement pas de prix et c’est pourquoi nous avons pris l’assurance béton offerte par le locateur. Comme la location était déjà économique et comme la majoration est généralement proportionnelle à la valeur de la location, le coût est demeuré raisonnable (33$/jour contre 22$/jour avec l’assurance de base).

Le choix du locateur

Comme je vous en avais déjà glissé un mot pour la Croatie, louer avec une compagnie locale (en l’occurrence néo-zélandaise) est généralement préférable : prix plus bas, employés plus aimables, moins de restrictions (traversiers, routes autorisées) et services complémentaires souvent gratuits (conducteurs supplémentaires, carte verte en Europe). En contrepartie, il faut souvent être prêt à sortir de l’aéroport pour prendre possession du véhicule –des navettes sont généralement disponibles–, et les voitures sont un peu plus vieilles, ce qui est en un sens un atout, car on ne va pas vous faire de chichi pour deux-trois égratignures.

Pour la Nouvelle-Zélande, nous avons demandé des soumissions chez Enterprise, Hitch, Jucy, NZ Rent-a-Car, Omega et probablement quelques autres, et c’est finalement avec Hitch que nous avons décidé de faire affaire, pour le prix et pour le type de véhicule. J’aurais peut-être hésité à prendre certaines catégories de voitures plus âgées et de marque moins fiable, mais avoir la certitude de partir avec une Toyota Prius de la génération 2011-2014 –particularité de la classe « Hitch Eco »–, me confortait dans ma décision.

Dans l’ensemble, je n’ai vraiment rien à redire sur la voiture elle-même et sur le service de Hitch aux succursales d’Auckland et de Christchurch. Sur internet, j’ai lu quelques commentaires pas très positifs sur cette compagnie, mais ils semblaient concerner surtout les succursales de l’Australie.

La conduite à gauche

Je sais que ça fait peur à bien des personnes et, pour en avoir entendu parler par des collègues, j’appréhendais moi-même les moments où je devrais sortir d’un stationnement ou circuler dans un carrefour giratoire. Cependant, pour tout vous dire, j’ai trouvé la conduite à gauche très naturelle. En tant que passager, ce fut une tout autre histoire –étourdissements, perception déformée des distances latérales–, mais en tant que conducteur, l’habitude se prend très vite puisque les principes sont les mêmes : suivre la ligne centrale, dépasser par la voie la plus éloignée de celle où l’on entre sur l’autoroute, etc.

Quelques trucs pour se donner toutes les chances de réussir :

  • Avant de partir, se renseigner sur les règles de conduite (évidemment me direz-vous, mais qui d’entre vous le fait vraiment?);
  • Étudier des vidéos de conduite pour se familiariser avec des subtilités de la conduite inversée (l’association automobile de Nouvelle-Zélande (AA) offrait jusqu’à tout récemment 15 mises en situation interactives en ligne);
  • Choisir une voiture avec une transmission automatique, pour n’avoir à se concentrer que sur l’essentiel (de toute façon, la plupart des voitures de location en Nouvelle-Zélande sont automatiques);
  • Lors de la prise de possession, faire le tour des commandes de l’auto avant même de la démarrer et s’assurer que la radio et la climatisation sont bien ajustées, pour éviter les distractions une fois sur la route;
  • Prévoir au moins une journée d’adaptation à l’arrivée, c’est-à-dire éviter de se lancer dans un long trajet en atterrissant –dormir dans la ville où se situe l’aéroport–, et profiter de la première journée pour s’habituer tranquillement à la voiture et aux directions de déplacement;
  • Choisir une succursale hors aéroport pour pouvoir se pratiquer dans un secteur industriel peu passant (cette stratégie n’était pas volontaire mais oh combien bienvenue!);
  • En l’absence de circulation, observer le sens de stationnement des véhicules avant de s’engager dans une voie;
  • Avoir un (bon) co-pilote qui s’occupe 1) de confirmer la direction et la voie de circulation avant de s’y engager et 2) de gérer le GPS et l’itinéraire jusqu’à destination.

Les temps de parcours et la courtoisie

Comme vous l’avez déjà probablement lu si vous préparez un voyage en Nouvelle-Zélande, les routes n’ont généralement qu’une voie dans chaque direction, et celle-ci est rarement large. Un véhicule lent peut donc retarder significativement la circulation, surtout s’il tarde à se ranger sur le côté pour laisser passer les files de trafic qu’il génère, malgré les nombreux panneaux d’affichage rappelant cette règle de courtoisie. Les voies de dépassement officielles sont en effet trop rares. D’autre part, la sinuosité des routes fait qu’il est difficile de maintenir la vitesse maximale autorisée plus de quelques secondes à la fois. En résumé, se déplacer en Nouvelle-Zélande exige du temps et de la patience!

La route de retour de Milford Sound en suivant un camping-car, ça pourrait être long…

Il n’y a pas que les conducteurs qui retarderont vos déplacements ;-)

Les travaux

Avec une seule voie dans chaque direction, c’est plus compliqué de dévier la circulation. Pourtant, je ne dirais pas que les travaux sur les routes nous ont retardé significativement. Tout de même, attendez-vous à souvent devoir ralentir à 30 km/h pour traverser une zone de travaux, alors que vous veniez tout juste d’atteindre la vitesse maximale autorisée sur une section rectiligne de route. Même si aucuns travaux ne semblent en cours, c’est la recette de la couche de roulement qui exige de circuler à basse vitesse, puisque du gravier (« chip ») peut s’échapper du revêtement pendant sa période de maturation et venir frapper votre pare-brise ou celui d’un autre véhicule –d’où la bonne idée de prendre l’assurance « tout compris ». Pour plus d’information sur cette technique particulière de pavage, voir cette page de la Transport Agency (en anglais).

En conclusion

Si l’on exclut les longs temps de parcours et les zones de travaux fréquentes en été, conduire au pays des Kiwis est un plaisir; en plus d’offrir des surfaces de roulement généralement belles, la Nouvelle-Zélande est de ces endroits où le trajet vers un attrait est presqu’aussi passionnant que l’attrait lui-même, avec des paysages spectaculaires qui se dévoilent à chaque virage.

Péninsule de l’Otago

En route vers Aoraki

Traversée des montagnes dans la région des Lacs


* Tous les prix sont en dollars néo-zélandais, 1 $ néo-zélandais équivalant à environ 0,60 euro, 0,65 $ états-unien ou 0,90 $ canadien.

C’est parti pour la Nouvelle-Zélande!

C’est rendu une habitude : avant de vous présenter en série mes coups de cœur d’un pays ou d’une région, j’aime bien parler de logistique et d’impressions générales. Même si la Nouvelle-Zélande est très populaire comme destination, j’aime penser que je n’ai pas fait les choses 100 % comme « tout le monde » et que d’autres voyageurs apprécieront de lire sur différentes alternatives avant de choisir « leur » façon d’aborder la Nouvelle-Zélande.

Je ne prévoyais pas m’étendre autant sur ces sujets d’ordre plus pratique, mais j’ai finalement produit tant de mots que j’ai décidé de scinder l’article par sujet :

Lotbinière à vélo

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La municipalité régionale de comté (MRC) de Lotbinière, dont le chef-lieu, Sainte-Croix, se trouve à tout juste 45 minutes de Québec, est souvent regardée de haut par les habitants de la capitale québécoise. Les principales activités économiques y étant l’agriculture intensive (production laitière et céréalière, élevage porcin) et l’industrie manufacturière, on reproche à ses habitants un manque de raffinement et, à ses paysages, un manque de dénivelé et de point d’intérêt distinctif comme une chute ou une montagne à gravir.

C’est donc sans attentes particulières que je m’y suis baladée en vélo en septembre dernier et que j’y ai découvert plusieurs endroits dignes de mention, produisant une journée presque parfaite. La seule ombre au tableau fut au plan de la gastronomie, puisque le peu de restaurants dans le secteur sert surtout de la cuisine de type « casse-croûte à la québécoise » (sandwiches, burgers, frites). Je reviens sur le sujet en fin d’article.

Arrêt zéro : l’église de Sainte-Croix (2500 âmes)

C’est ici que nous laissons la voiture, mais ce n’est pas du tout un mauvais choix parce que l’église, construite entre 1911 et 1915 et de facture éclectique, a fière allure.

Le supermarché, situé de biais par rapport à l’église, est en outre pratique pour faire des provisions (plus à ce sujet en fin d’article).

Premier arrêt : le domaine Joly-De Lotbinière

Ces terres des sœurs Ursulines sont acquises en 1846 par Pierre-Gustave Joly, devenu seigneur de Lotbinière par son alliance avec Julie-Christine Chartier. Le manoir de style pittoresque est construit en 1851. Après une période d’abandon dans les années 1960 à 1980, la « maison de Pointe Platon » est rénovée par le gouvernement québécois et ouverte au public. En plus du manoir lui-même, qui accueille chaque année des expositions de broderie et de dentelle ainsi que les œuvres de peintres québécois, le site comprend un grand jardin et un accès au fleuve Saint-Laurent.

Comme les photographies sont interdites à l’intérieur du bâtiment (c’est dommage), vous ne pouvez vous fier que sur ma parole, mais je vous assure que l’exposition de broderie et de dentelle vaut qu’on s’y attarde. Ce fut en fait un coup de cœur pour moi, alors que je ne suis pas particulièrement portée sur l’artisanat. Tant de technique et de travail pour produire des objets purement décoratifs! La collection de robes, de capes et de chapeaux anciens, présentée au premier étage, est aussi très bien. Des panneaux informatifs sur l’histoire de la famille Joly complètent la visite du manoir.

Le cottage des serviteurs, converti en pavillon de services

La maison n’était pas nommée Maple House pour rien.

En théorie, le domaine reçoit les visiteurs tous les jours de 10h à 17h de la mi-mai à la mi-octobre, mais le centre d’interprétation (manoir) n’est ouvert la semaine que du début juin à la fin août. Pendant cette période, il est d’ailleurs possible d’acquérir des végétaux cultivés au domaine. Un miel élaboré par les abeilles locales est aussi en vente pour financer le domaine. Tarif d’entrée : 17$CAN. Pour plus d’information : http://www.domainejoly.com

Deuxième arrêt : la plage

De retour à Sainte-Croix, mon père et moi avions envie de voir le fleuve Saint-Laurent une dernière fois avant de rentrer. Nous avons trouvé l’accès parfait, par la rue du Bateau. Le village étant bâti sur un plateau, descendre au bord de l’eau représente un dénivelé d’environ 60 m, mais l’effort à fournir à la remontée en vaut la peine. À cette période de l’année, la grève était belle et tranquille.

Trajet et durée de la balade à vélo :

Pour une randonnée respectable (52 km), je vous recommande une boucle longeant la route 132 de Sainte-Croix à Leclercville et revenant par l’intérieur des terres, ou l’inverse. Voyez le trajet ici. Pour quelque chose de plus court, vous pourriez toujours aller et revenir par la route 132 à partir de Sainte-Croix, pour un total de 23 km.

Étant donné le peu d’établissements pour se restaurer le long du trajet, il peut être sage de trimballer son lunch. Autrement, planifiez votre trajet pour tenir compte des distances à parcourir et du temps de visite du domaine Joly-De Lotbinière. Une à deux heures suffisent à parcourir l’ensemble du site, en prenant son temps. À ma connaissance les seules options possibles pour se restaurer sont, de Sainte-Croix vers Leclercville :

  • Le Resto-Bar Le Cube (
  • Le Snack-Bar Sainte-Croix (6087, rue Principale)
  • Le supermarché Metro de Sainte-Croix (6452, rue Principale)
  • La boulangerie Croûte & Brioche (7452, route Marie-Victorin) : soupes, sandwiches et pâtés
  • La cafétéria du domaine Joly-De Lotbinière, ouverte de 11h à 15 h
  • Le restaurant Sainte-Emmélie (

Ainsi, si vous recherchiez des macarons aromatisés à la lavande du domaine, il faudrait plutôt aller aux jardins de Métis ;-)

Autre élément à prévoir pour visiter le domaine : un cadenas pour verrouiller son vélo.

Maîtriser les transports en commun de San Francisco

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Si j’ai décidé de consacrer un article au sujet, c’est que, malgré mon expérience des transports en commun à travers le monde, ceux de San Francisco m’ont donné du fil à retordre. En effet, même si nous étions équipés d’un appareil mobile avec accès à internet, notre itinéraire en apparence simple dans Google Maps est vite devenu compliqué à exécuter. Le résultat? Sur huit heures de « temps libre », plus de quatre ont été consacrées à acheter des titres de transport, à attendre le prochain véhicule et à se déplacer dans ledit véhicule.*

Problème #1 : l’éparpillement des services

D’abord, l’agglomération est desservie par au moins 5 réseaux avec des titres de transport distincts. Voici les trois que nous avons dû emprunter lors d’une même journée pour aller de l’aéroport international de San Francisco au Golden Gate Bridge en passant par Alamo Square* :

  1. Le Bay Area Rapid Transit (BART) : pour voyager de l’aéroport vers la ville et vice versa
  2. La San Francisco Municipal Transportation Agency (Muni) : le réseau municipal de bus, de métro et de cable cars
  3. Le Golden Gate Transit (GGT) : pour voyager vers ou depuis le Golden Gate Bridge (le recours à cette agence n’est pas obligatoire, mais presque)

Problème #2 : la fréquence des passages

  1. Le BART : Un train aux 15 minutes. C’est moins fréquent que le lien Heathrow/centre-ville à Londres, mais ça demeure raisonnable.
  2. Le Muni : fréquence variable selon le trajet. C’est là où le bât blesse. Il m’est arrivé à plus d’une reprise de « rater » un bus alors que j’étais à l’arrêt quelques minutes avant la prochaine heure de passage annoncée dans Google Maps (la synchronisation de l’information semble défectueuse). Et ce n’est pas parce qu’un bus passe deux fois à l’heure que ses passages prévus sont équidistants! Il se peut que le premier soit à 5 minutes passées l’heure et que le prochain soit à 50 minutes passées l’heure. Zut alors!
  3. Le GGT, et en particulier le parcours 30 qui permet d’atteindre le point de vue situé du côté nord du pont : un bus aux heures. Bref, si vous le manquez, c’est cette partie du trajet qui déterminera votre chemin critique.

Une solution : la Clipper Card

Devoir rouler avec trois agences implique pas mal de logistique pour l’achat des billets, en particulier pour le Muni et le GGT, où il n’y a pas de guichet à chaque arrêt. Oui, il est possible de payer comptant avec le Muni, mais il n’est pas rare en 2019 de voyager sans monnaie**, surtout lorsque les États-Unis ne sont qu’une escale entre son pays d’origine et la véritable destination du voyage.

Imaginez la scène : ayant d’abord pris le BART sans encombres pour rejoindre le centre-ville depuis l’aéroport, nos cartes à usage unique pour ce réseau sont avalés par la machine à la sortie de la station. Nous prenons alors quelques billets pour le Muni en se disant que ça sera bien utile pour explorer la ville. Sur la rue, un Franciscanais nous guide vers l’arrêt où prendre le bus vers le Golden Gate Bridge. À l’embarquement, le chauffeur nous fait comprendre que nos billets ne sont pas acceptés sur sa ligne. Du coup, une heure perdue! Retour à la station du BART, même si les titres de transport du GGT ne sont annoncés ni au guichet ni sur les panneaux informatifs.

Après moult recherches sur internet, nous finissons par acheter au guichet une Clipper Card où nous déposons assez d’argent pour un aller pour deux personnes (plus de détails sur les tarifs ci-dessous). Comble de l’ironie, notre prochaine montée dans le GGT nous apprend qu’une même carte ne peut être utilisée pour payer le passage de deux personnes, malgré tout l’argent disponible sur la carte! (Dans d’autres réseaux, le chauffeur peut « réinitialiser » la machine et on peut repasser la carte…) Heureusement, le chauffeur du GGT a pitié de nous et nous laisse entrer…enfin.

L’expérience nous aura appris que la Clipper Card est le seul moyen de paiement accepté par différentes agences de transport de la région, dont le BART, le Muni et le GGT, et que chaque voyageur doit avoir sa propre carte. Il s’agit de déposer suffisamment d’argent pour votre ou vos trajet(s) et vous êtes prêts à voyager. La carte est réutilisable et rechargeable, comme celles que l’on trouve dans plusieurs autres villes (Londres, Montréal, etc.). Si vos plans risquent d’évoluer en cours de journée, pensez à cibler d’avance des stations pour la recharge pour éviter de perdre du temps.

En plus de permettre l’accès à une variété de réseaux de transport, l’acquisition d’une Clipper Card vous évitera de manquer un bus parce que vous étiez retourné acheter le bon titre pour la bonne agence! Question d’être efficace, on l’achète d’ailleurs dès sa sortie de l’aéroport, avant d’emprunter le BART.

Les tarifs

  1. Le BART : tarifs variables en fonction de la distance parcourue (environ 9 $US pour le centre-ville).
  2. Le Muni : tarif unique de 2,50 $ (7 $ pour le cable car)***
  3. Le GGT : tarifs variables en fonction de la distance parcourue (4,25 $ pour se rendre du centre-ville au point de vue situé du côté nord du pont)

La Clipper Card elle-même coûte 3 $.

Fait intéressant, sur le réseau du Muni, un billet donne droit à une correspondance à condition que l’ensemble du trajet soit complété dans les 120 minutes de la validation initiale. Ce « transfert » peut être utilisé sur n’importe quel parcours, par exemple pour faire un court arrêt et poursuivre sur le même parcours.

En conclusion

On entend souvent dire que San Francisco est avant-gardiste en termes d’environnement et de technologie, mais du côté des transports en commun, il y a place à la modernisation ! Surtout avec la Silicon Valley tout près…

Premier arrêt : Alamo Square et ses « Painted Ladies », de jolies demeures victoriennes bien entretenues

Tant qu’à être dans le coin, on essaie la cuisine fusion de Namu Stonepot

Deuxième et dernière visite de la journée : le Golden Gate Bridge. Le voyageur pressé en transports en commun doit se satisfaire de points de vue moins intéressants que celui qui possède sa propre voiture, mais c’est déjà bien de pouvoir s’y rendre en bus.

Après avoir été initiés à ce style à Chicago, on reconnaît la touche Art déco des motifs ornant le célèbre pont, dont la construction a été amorcée en 1933.


* Oui, la prochaine fois que je sors de l’aéroport lors d’une escale, je vais simplifier encore plus l’itinéraire! ;-)

** On n’est pas non plus au niveau de Londres, où l’on peut payer sans contact directement avec sa carte de crédit!

*** Sur la plupart des réseaux, le paiement par billet ou par carte donne droit à un petit rabais. Les prix indiqués sont ceux sur carte.

Les merveilles architecturales de Chicago

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À Chicago, je m’attendais à voir beaucoup de choses intéressantes au plan de l’architecture, mais je ne pensais pas pouvoir être rassasiée aussi rapidement qu’en une journée dans le Loop!

En effet, même pour l’amateur de ce genre de choses, tant de bâtiments recèlent d’éléments architecturaux jolis ou uniques que c’en est presque trop concentré. Question d’éviter de se lasser, si vous n’aviez que trois arrêts à faire, voici ceux que je vous recommanderais. Mais peut-être serait-ce plus sage d’en espacer la visite? Je vous laisse en juger…

The Rookery Building (209 South LaSalle Street)

Construite en 1888 selon les dessins de Burnham et Root, cette galerie commerçante doublée d’un édifice à bureaux de 12 étages a subi de nombreuses modifications au fil des ans. La spectaculaire cour intérieure est présente dès l’origine, mais c’est Frank Lloyd Wright qui, entre 1905 et 1907, recouvre la structure existante par des panneaux de marbre blanc ornés de motifs dorés d’inspiration moyen-orientale, installe les chandeliers en bronze toujours en place et retravaille la forme de l’escalier central. Cette première rénovation a pour objectif de mettre le lieu au goût du jour…de l’époque. L’usage du blanc à grande échelle a aussi comme avantage d’éclaircir significativement le lieu.

Dans les années 1930, la verrière de la cour intérieure est recouverte d’une membrane opaque pour protéger la pièce des infiltrations d’eau, alors que le hall d’entrée est divisé sur le sens de la hauteur pour former deux étages distincts. La restauration amorcée à la fin des années 1980 a permis de retrouver la lumière naturelle ainsi que la hauteur et la largeur initiales de la cour intérieure, alors que l’esthétique générale s’est principalement inspirée de la période Wright. Une colonne a tout de même été laissée ouverte afin de permettre d’admirer la strucrture d’origine en fer ouvragé.

Hormis le fait que la tendance du marbre blanc orné de dorures ait mal vieilli (à mon avis), il s’agit d’un très bel exemple d’atrium, et richement décoré en plus. Car The Rookery demeure de nos jours un immeuble locatif haut de gamme.

L’escalier de bois stylisé débutant au deuxième étage est inaccessible pour le touriste moyen, à moins de participer à une visite guidée.

Dans le hall d’entrée, les portes d’ascenseur Art déco aux motifs d’oiseaux datent de la période Drummond, vers 1931.

The Chicago Athletic Association Building (12 South Michigan Avenue)

Ce bâtiment aux airs de palais vénitien, complété en 1893 et utilisé exclusivement pendant 125 ans par un club privé, offre lui aussi un exceptionnel hall d’entrée au visiteur qui ne souhaite pas nécessairement s’aventurer plus loin. Aux étages supérieurs, les boiseries sont omniprésentes, mais au rez-de-chaussée, c’est plutôt le marbre blanc (encore lui), les chandeliers en bronze et les mosaïques qui sont les vedettes. Même si les cocktails n’y sont pas donnés, le bar aménagé au sommet, Cindy’s, présente un panorama intéressant sur Millenium Park et les gratte-ciel adjacents.

Cet article (en anglais) vous révélera quelques secrets au sujet de cet édifice.

The Chicago Cultural Center (78 East Washington Street)

C’est en 1977 que cette ancienne bibliothèque municipale datant de 1897 a été convertie en centre pour les arts et la culture. Des expositions gratuites y sont présentées en continu. Chaque section du bâtiment possède un caractère distinct. Pour ma part, je n’ai visité que le rez-de-chaussée, une ou deux salles d’exposition, et le Grand Army of the Republic Memorial, aux plafonds vertigineux surplombés d’un vitrail magnifique, aux murs en marbre vert du Vermont et aux grandes fenêtres donnant sur Millenium Park.

Grand Army of the Republic Memorial Hall

Le bon plan : arriver suffisamment à l’avance pour profiter des visites guidées gratuites de 13h15 (du mercredi au samedi). Celles-ci débutent à l’accueil donnant du côté de Randolph Street.

Et tous les autres, à plus petite dose

Je ne pouvais me résoudre à sortir cet article sans vous montrer quelques exemples de détails que j’ai eu tant de plaisir à découvrir et qui ne sont probablement que la pointe de l’iceberg :

Entrée art déco au 134, Lasalle Street (aussi appelé The Metropolitan Building…l’auriez-vous deviné?)

Détail d’une façade au 115, North Dearborn Street

1150 North State Street, dans le quartier de la Gold Coast

Vous remarquerez que tous mes bâtiments favoris ont un point en commun : une construction entre le milieu des XIXe et XXe siècles, soit une période où la richesse s’exprimait souvent en enjolivures et en matériaux nobles! De nos jours, je trouve que trop peu d’efforts sont mis en ornementation et que ce sont plutôt les prouesses techniques qui sont recherchées : hauteur vertigineuse, formes originales, emplacements inédits, structure minimaliste, équipements haut de gamme pour les usagers…Du point de vue de l’architecture, mon esprit romantique regrette ces temps révolus où l’on se donnait la peine d’intégrer mille subtilités à un ouvrage, même si l’on tombait parfois dans l’excès!

Envie d’en savoir plus sur l’architecture chicagolaise?

Vous commencez à me connaître, je n’étais pas prête à payer pour une visite guidée à 25 $US, mais si le sujet vous intéresse réellement, le Chicago Architecture Center me paraît l’organisme le plus sérieux.

Voilà qui clôt la série sur Chicago que j’avais amorcée à l’automne. À venir prochainement sur les carnets de Madame : comment éviter de perdre son temps en transports en commun à San Francisco (!), puis quelques suggestions locales, avant une longue série sur la Nouvelle-Zélande qui devrait nous mener jusqu’à Noël (oulà!).